1995/1996-
A ussi loin que je m'en souvienne, tout commença lorsque je siégeais au Comité national d'enseignements des Bahá'ís de Maurice.
Nous formions alors une équipe profondément unie : notre regretté Bala Nallan, et Brigitte Appadoo dans le Royaume d'Abhá,, Sajeet Lagan, Soubiraj Narainen, Kishan Venkadee et moi-même. Ce fut l'une des périodes les plus intenses et les plus enrichissantes de notre vie de service.
Un jour, un membre de l'Assemblée spirituelle nationale, M. Sharma Gopaul, vint me confier la responsabilité du dossier de Rodrigues. Cette mission me remplit d'une immense joie. J'avais déjà participé à plusieurs campagnes d'enseignement sur cette île et j'entretenais des contacts réguliers avec les amis sur place, notamment avec mon très cher ami et pionnier, Khrish Kanhye.
C'est ainsi qu'une nouvelle étape de service commença.
La tâche était immense, mais mon cœur débordait d'enthousiasme. Je priais constamment, demandant l'assistance de Bahá'u'lláh. Souvent, j'attendais minuit pour me recueillir dans la prière, puis j'appelais Kris afin de faire le point sur les besoins des amis et de coordonner les activités.
Peu à peu, nous avons organisé l'envoi d'enseignants itinérants à Rodrigues. Il fallait prévoir les voyages, parfois en avion, parfois en bateau, organiser les transports, l'hébergement et toute la logistique nécessaire.
En relisant aujourd'hui mes notes, je constate qu'au moins trente-cinq enseignants, jeunes et moins jeunes, se sont rendus à Rodrigues. Ce qui me touche encore profondément, c'est qu'aucun d'eux n'a demandé d'aide financière. Tous sont partis grâce à leurs propres moyens, animés d'un remarquable esprit de sacrifice.
Je ne me souviens pas qu'une seule personne à qui j'ai proposé d'aller servir à Rodrigues ait refusé. Tous ont répondu « oui » avec enthousiasme. Quant à moi, j'avais le privilège de coordonner ces efforts, avec une joie que les mots peinent encore aujourd'hui à exprimer.
En repensant à cette période, je peux dire sans hésitation qu'elle constitue l'un des plus beaux chapitres de ma vie de service à la Cause de Bahá'u'lláh.
Quand le fer devient de l'or
Ces pages sont nées d'un petit agenda que je portais toujours avec moi, à Maurice comme lors de mes séjours à Rodrigues. Chaque soir, avant de m'endormir, j'y notais les événements marquants de la journée. Je n'imaginais pas alors qu'un jour je les mettrais par écrit. Je souhaitais simplement conserver la mémoire de ces instants où j'avais été témoin de vies transformées par la puissance de la Foi de Bahá'u'lláh.
Les années ont passé, mais ces souvenirs sont demeurés aussi vivants qu'au premier jour. En relisant ces notes, j'ai compris qu'elles n'appartenaient pas seulement à ma mémoire personnelle. Elles témoignent aussi de la manière dont Dieu agit dans les cœurs les plus simples et les plus sincères.
Si ces récits peuvent renforcer ne serait-ce qu'une seule âme, alors ces pages auront atteint leur but.
Chapitre 1 – Lorsque Rodrigues m'a appelé
Mon voyage à Rodrigues n'était pas mon premier contact avec cette île bénie. Depuis que je prenais le Rodrigues Desk cest comme cela que je lappelais de temps en temps , des enseignants bahá'ís s'y étaient rendus a ma demande avec la coordination de Kris a Rodrigues et des nouvelles encourageantes nous parvenaient.
Les nouvelles que nous recevions témoignaient d'une réceptivité extraordinaire, d'un remarquable esprit de service et d'une soif spirituelle qui touchait profondément tous ceux qui avaient le privilège d'en être témoins.
Peu à peu, les amis de Rodrigues exprimèrent le désir que je vienne les rejoindre. Ils souhaitaient partager avec moi ce qu'ils vivaient et me faire découvrir par moi-même les merveilles qui se produisaient dans leurs communautés.
– Quand la providence ouvre le chemin
J'étais profondément heureux à l'idée de partir pour Rodrigues, cette île qui occupait déjà une place toute particulière dans mon cœur. Cependant, un obstacle important se dressait devant moi : mes ressources financières étaient très limitées.
Quelques temps auparavant, j'avais retiré toutes mes économies de la banque afin d'aider deux amis qui partaient enseigner à Rodrigues, à ma demande. Ils ne m'avaient rien demandé ; mais, au fond de mon cœur, je sentais qu'ils avaient besoin de ce soutien.
Cetait avec une joie extraordinaire les larmes aux yeux en les remettant cette offre
Après ce geste, je n'avais plus un sou en banque, mais j'avais pu me débrouiller pour acheter mon billet d'avion. Il ne me restait ensuite plus rien pour les dépenses sur place, ni même pour acheter une paire de sandales adaptée, alors que je savais qu'il faudrait beaucoup marcher pour enseigner, visiter les amis et subvenir à mes besoins quotidiens.
Je me tournai alors vers Bahá'u'lláh dans la prière. Le départ était prévu dans deux ou trois jours seulement, et humainement, je ne voyais aucune solution.
Cette nuit-là, je fis un rêve qui me marqua profondément. J'y vis 'Abdu'l-Bahá qui, avec toute sa bienveillance, me montra notre très cher ami, le regretté Samson, en me disant : « Va voir ce Bahá'í ; il va t'aider. »
À mon réveil, je réfléchissais à ce rêve. Je me demandais comment j'allais pouvoir aller trouver Samson et lui parler d'une telle chose. Puis, absorbé par les préparatifs du voyage, j'en vins presque à oublier cette expérience.
Je me rendis au Centre bahá'í afin de préparer les teaching kits et divers matériels que nous devions emporter à Rodrigues : des lampes, des Pamplets , teaching kit un genre de booklet avec les images pour Enseigner , les cartes de Declaration et d'autres fournitures nécessaires. Alors que j'étais occupé à préparer des colis, j'entendis soudain une voix familière :
« Hé, Jo ! »
Je me retournai. C'était Samson.
Il me dit qu'il me cherchait. Il m'expliqua qu'il avait lui aussi souhaité partir avec moi pour Rodrigues, mais qu'il ne pouvait finalement pas faire le voyage. Puis, sans autre explication, il prit ma main, y déposa quelque chose, la referma doucement et me dit simplement :
« Prends cela pour t'aider. Pour le voyage»
À cet instant, un frisson me parcourut tout le corps. Je repensai immédiatement au rêve de la veille.
Lorsque j'ouvris ma main quelques instants plus tard, je découvris avec émotion que la somme que Samson m'avait donnée correspondait exactement à celle que j'avais moi-même offerte aux deux amis qui étaient partis à Rodrigues il y quelque temps.
Ce moment demeure gravé dans ma mémoire comme l'une des expériences les plus bouleversantes de ma vie de service, un rappel que, lorsque nous faisons un sacrifice sincère dans le sentier de Dieu, des portes inattendues peuvent s'ouvrir, souvent d'une manière que nous n'aurions jamais pu imaginer.
Dès mon arrivée, je ressentis qu'il se passait quelque chose d'exceptionnel. Ce n'était pas seulement la beauté sauvage de Rodrigues ni l'accueil chaleureux de ses habitants. C'était une lumière particulière que l'on pouvait lire dans les regards, une sincérité désarmante, un amour spontané et une joie profonde de servir.
Je me surpris à penser que cette île était véritablement bénie. Comme un soleil qui se lève lentement sur l'horizon, la lumière de la Foi semblait illuminer les cœurs avec une intensité extraordinaire. Partout où j'allais, je voyais des signes de cette transformation intérieure.
Au fil des jours, je vécus des moments inoubliables. J'assistai à des actes de générosité qui dépassaient l'entendement, à des sacrifices accomplis avec joie, à des vies profondément transformées par la puissance de la Parole de Dieu.
Je ne savais pas encore que ces notes, écrites au fil des jours, garderaient vivante la mémoire d'une aventure spirituelle qui marquerait profondément toute ma vie.
Rodrigues – 1995 : Souvenirs d’un service partagé
En 1995, alors que j’étais toujours chargé du dossier de Rodrigues, une étape particulièrement marquante de service s’est ouverte dans ma mémoire et dans mon cœur. À cette époque, une dynamique d’enseignement s’était mise en place entre Maurice et Rodrigues, portée par un esprit de collaboration et de dévouement.
Je me souviens notamment de plusieurs personnes qui ont contribué à cette période : feu Cyril Capilaire, feu Mr Dinah, feu Mr Mooten, feu Mr Kiran, ainsi que Kishan Venkadee, Ravi Fakeer, Rabin Matapulat, feu M. Khendoo, et le Trio ( Lovena, Lila, Radha,)
Visham Motiroy, M. Som Mayaveram, Pamella, Geya Thaver, Mr Joselito, Voangy, Ajay Keenoo, Michelle, Devina, Darell, et Rooben, Soubiraj ,Nancy , Bhim Seetaramdoo,Vishnu Baichoo, Prememta Baichoo ,entre autres. Certains noms me reviennent avec clarté, d’autres sont moins précis, mais chacun représente une part de cette expérience collective.
Avec le recul, je garde le souvenir d’une période spirituellement intense, où le service, la foi et la fraternité reliaient Maurice et Rodrigues dans un même élan. Ce furent des moments inoubliables, porteurs d’une beauté discrète mais profonde, qui continuent encore aujourd’hui de résonner en moi.
Extrait De mon carnet rouge
Rodrigues en transformation
Voir de votre propre yeux… et non celles des autres… Parole cachée
Comme un lever de soleil, Rodrigues est bénie, car les yeux de Dieu se braquent sur cette île et l'Assistance divine est partout.
La transformation est si évidente qu'en repartant pour Maurice, je suis triste de quitter ce lieu si attachant si riche spirituellement car les amis sont tous unis et les lumières de toute beauté dans leurs yeux…
J'ai été témoin de choses si merveilleuses que l'écrire sur ces lignes ne pourrait les transmettre convenablement.
À vous qui lirez ces lignes, je vous invite tous à la Table du Banquet divin, à inhaler les doux parfums et à comprendre par vous-mêmes.
Je lavais partager sur le courier de la fete de 19ieme jour a lepoque et en meme temps inviter les amis de participer
1.
Quelques anecdotes…
Je me souviens particulièrement d'une réunion électorale à laquelle assistaient environ vingt-cinq personnes. L'atmosphère qui y régnait était remarquable : un esprit d'amour, de respect et de spiritualité que beaucoup n'avaient jamais connu auparavant.
Notre cher ami Cyril Capilaire exprima alors son émotion en déclarant qu'au cours de toute sa vie bahá'íe, il n'avait jamais été témoin d'une élection vécue dans un tel esprit. Ses paroles reflétaient ce que beaucoup ressentaient intérieurement.
Je me rappelle également d'une dame âgée de 82 ans qui participait activement aux activités. Son enthousiasme et sa joie étaient une source d'inspiration pour tous. Plusieurs amis confièrent qu'ils ne trouvaient pas les mots pour exprimer leur bonheur et leur gratitude devant l'amour qu'ils ressentaient.
Je garde aussi un souvenir très vif de Lovena, Lila et Radha. Leur capacité à répandre l'amour autour d'elles était extraordinaire. Partout où elles allaient, elles touchaient les cœurs. Certains disaient qu'il suffisait de passer quelques minutes en leur compagnie pour avoir l'impression d'être transporté dans un autre monde. Le feu de l'amour de Bahá'u'lláh brûlait visiblement dans leurs cœurs.
Cyril Capillaire me disait qu’il ne comprenait pas les mots qu’elles employaient, car partout où elles parlaient, les âmes semblaient s’ouvrir à la Foi et devenir bahá’íes.
Un autre témoignage m'a profondément marqué. Une personne déclara qu'elle avait reconnu la vérité de la Foi non seulement par les paroles prononcées, mais surtout en regardant dans les yeux des croyants et en observant l'amour sincère qui rayonnait de leur vie.
En repensant aujourd'hui à ces journées bénies passées à Rodrigues, je comprends davantage encore que lorsque les croyants servent avec pureté de cœur, amour et détachement, le Plan de Dieu se déploie d'une manière que nul ne peut prévoir. Nous avons alors été les témoins privilégiés de cette puissance spirituelle à l'œuvre.
2.
Des chants et des prieres. Autour du feux tous les soirs avec les jeunes.
Un garçon de 13 ans qui, à l'aube, se lève pour aller couper l'herbe.
Il se bat pour choisir d'apporter de l'eau à nos deux enseignants.
À 7 h 30, tous les matins, il apporte de leau chaude.
Il est tout le temps autour du Centre, apportant des contact… écoutant les histoires…Bahais
J'ai été témoin d'une générosité sans limite.
Une dame préparait un repas spécial pour les Bahá'ís et est restée sur sa faim, car elle a tout partagé.
Comme cet homme qui a donné son lit à nos trois amis et, lui, sous prétexte daller prendre lair frais dehors , a préféré dormir sur lherbe pour que nos trois enseignant puisse dormir sur son lit
3. Plus terrible encore…
Plus terrible encore, un homme qui, en acceptant Bahá'u'lláh, a arrêté de boire. Et cela lui fait souffrir. Son corps tremble et sa main s’agite. Il ne boit que de l’eau, et cela fait rire le boutiquier. Car tout le monde connaissait Paul comme « le dernier des ivrognes ».
Sa vie, c’était la boisson. Il ne travaillait que pour boire.
Il embrasse maintenant la Cause en participant à un groupe d’enseignement. Ce n’est plus seulement une transformation, c’est une transmutation : du fer brut en or spirituel
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4. Transformation
(Aussi pour nos amis mauriciens.)
Les filles comme les garçons sont tous, enflammés par l'Esprit.
L’Ile etait enflammer par Lesprit de Foi des amis
Une dame Bahai en enseignant. Elle peut savoir en regardant dans leurs yeux
Si oui ou non, ils vont devenir Bahai…
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Un chauffeur et proprietaire dun van Tellement enflammé par la Foi. Quil amene les amis faires des tours de détente. »
Il se sent heureux en le faisant gratuitement aux Bahá'ís.
« C'est ma contribution et je suis heureux », dit-il.
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7
Deux filles, en deux occasions, préparant et servant le repas, sont restées sur leur faim, car elles ont préféré donner aux amis.
Incroyable !
Il y en a trop à raconter.
Un autre Bahá'í, à Gravier, qui se réveille à minuit et fait des prières bahá'íes.
Et se dit qu'il est heureux et en bonne santé.
9.
Une chose est certaine : un grand changement.
Les gens sont purs et l'on ne peut comprendre leur état que par notre oeil spirituelle.
Tout dépend de la volonté de Dieu.
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Je voudrais partager avec vous une expérience que je n’ai jamais pu oublier… une expérience qui m’a profondément touché dans mon cœur.
À cette époque, un jeune Mauricien bahá’í, Visham Motiroy, m’avait été présenté par Ravi Fakeer. Il m’avait expliqué qu’il venait tout juste de déclarer sa foi en Bahá'u'lláh, et qu’il avait le désir sincère de se rendre à Rodrigues pour participer à l’enseignement.
Je l’ai donc accueilli chez moi… simplement, avec confiance et ouverture.
Et comme il devait partir très tôt le matin, vers 5 heures, je devais moi-même l’amener au port.
Je lui avais donné la chambre que j’utilise habituellement pour mes prières…
Alors cette nuit-là, quelque chose s’est passé en moi.
Vers 3 heures du matin, je me suis levé. Je ne voulais pas le déranger, alors je suis allé prier dans le salon… dans le silence de la nuit.
Et c’est là… dans ce moment de prière… que j’ai vécu quelque chose que je ne peux toujours pas expliquer avec des mots.
Soudain… j’ai senti un parfum.
Mais pas un parfum ordinaire… non… quelque chose de totalement inconnu. Une senteur douce, profonde, presque céleste… comme si elle venait d’un autre monde.
Et en même temps… j’ai ressenti très clairement… comme si quelqu’un posait doucement son index sur mon front.
Je suis resté immobile.
Mon cœur battait fort… mais en même temps il y avait une paix étrange… une présence… quelque chose d’invisible mais tellement réel pour moi à cet instant.
Je n’ai jamais oublié ce moment.
Même aujourd’hui, en le racontant… je peux encore en ressentir l’écho intérieur.
Plus tard, j’ai entendu d’autres récits similaires… dans des conférences… où des amis parlaient de parfums ressentis pendant des moments spirituels profonds, sans origine visible. Et certains ont évoqué la possibilité d’une présence spirituelle très élevée, liée au monde divin.
Un autre souvenir inoubliable de service à Rodrigues
Une autre occasion reste gravée dans mon cœur. J'étais accompagné de M. Khendoo et de Voangy pour un voyage d'enseignement à Rodrigues.
Comme toujours, les amis de Rodrigues nous avaient accueillis avec une chaleur et un amour extraordinaires.Kris avez loué une maison près de la mer, un lieu simple mais rempli de joie et d'espérance. Nous avions invité tous les nouveaux déclarants afin de les approfondir dans les enseignements de la Foi.
Chaque matin, nous partions enseigner dans les villages. Puis, dans l'après-midi, nous organisions des réunions d'approfondissement. Très vite, le nombre de participants dépassa toutes nos attentes. Les amis continuaient d'affluer, si bien qu'il fallut monter des tentes pour pouvoir les accueillir. Avec beaucoup de créativité et d'amour, nous transformions des éponges en lits improvisés pour permettre à chacun de se reposer.
L'atmosphère qui régnait était indescriptible : des prières, des chants, des rires, des larmes de joie et un profond désir d'apprendre et de servir. Finalement, devant cet enthousiasme grandissant, nous avons organisé une véritable école d'été pendant le week-end.
Ces quinze jours passés ensemble furent tout simplement inoubliables. Ce furent des moments d'une intensité spirituelle rare, où nous avons vu des cœurs s'ouvrir, des amitiés se former et l'amour de Dieu se manifester d'une manière extraordinaire.
Aujourd'hui encore, lorsque je repense à ces journées passées au bord de la mer de Rodrigues, sous les tentes improvisées, entourés d'âmes avides de lumière, mon cœur se remplit de gratitude. Ce furent, sans aucun doute, parmi les plus beaux moments de service de ma vie.
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Souvenirs spirituels : Rodrigues,
Lors d’un séjour à Rodrigues, un terrain avec une maison était disponible, et les amis étaient très enthousiastes à l’idée de l’acquérir afin d’y établir un centre bahá’í. En tant que responsable, j’étais en communication avec l’Assemblée Spirituelle Nationale. Les amis de Rodrigues demandaient régulièrement des nouvelles concernant la décision.
Après échange avec un membre de l’Assemblée, il m’a semblé que la décision n’était pas favorable, bien que le dossier restait encore à l’étude.
Face à cette situation, j’ai ressenti le besoin de me tourner vers Dieu avec intensité. Un matin, je me suis rendu au Centre bahá’í de Port-Louis pour réciter mille fois la prière des difficultés, afin d’implorer une ouverture dans cette affaire.
Je pensais que cela ne prendrait pas beaucoup de temps, car je devais ensuite aller travailler et accompagner des ouvriers sur le terrain. Je suis donc entré au centre et j’ai commencé mes prières.
Très rapidement, une expérience intérieure profonde s’est manifestée. J’avais la sensation que des milliers d’âmes priaient avec moi, comme si l’espace était rempli d’une présence spirituelle immense. Une force indescriptible m’enveloppait, d’une intensité telle que je devais ouvrir les yeux à plusieurs reprises.
À un moment, j’ai même eu la sensation que quelqu’un touchait ma main. Pris de surprise, j’ai ouvert les yeux : je me trouvais près d’un mur, dans un coin de la salle, sans comprendre comment j’y étais arrivé. C’était comme si, pendant la prière, je m’étais déplacé sans m’en rendre compte.
Cette présence était si forte et si profonde qu’il est impossible de la décrire avec des mots. Lorsque j’ai terminé, j’ai réalisé que plus de deux heures s’étaient écoulées. J’avais complètement oublié mon travail de la journée.
Peu après, l’Assemblée Spirituelle Nationale a envoyé un membre à Rodrigues pour évaluer le terrain et voir s’il pouvait convenir à l’établissement d’un centre pour la Foi.
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